Notes du Château Situé à Macau, le Château Cantemerle figure parmi les Cinquièmes Grands Crus Classés du Haut-Médoc. Son terroir d'exception, composé de graves profondes à forte capacité de filtration, lui permet d'élaborer chaque millésime un grand cru remarquable. Dominé par le cabernet sauvignon (60%), l'assemblage dévoile un caractère souple et séductif, soutenu par des tanins frais et des notes délicates de cassis et d'épices. Cette approche offre une accessibilité en jeunesse, sans dénier pour autant les capacités de vieillissement qui permettent une dégustation optimale après plusieurs décennies de cave. L'origine du domaine remonte à 1147, lorsque le seigneur Arnaud de Blanquefort fait don de terres à l'Abbaye de la Sauve Majeure, en présence de Pons de Cantemerle. En 1579, l'acquisition par Jean de Villeneuve transforme radicalement la propriété : de 12 barriques annuelles produites sur des terres alors essentiellement céréalières, Cantemerle évolue vers une vocation viticole affirmée. La juridiction du domaine s'étend progressivement aux demeures nobles de Gironville, Maucamp et Sauves — ce dernier site accueillant le château actuel rebaptisé Cantemerle. En 1852, le domaine participe à des expériences pionnières de soufrage contre l'oïdium, couronnées de succès. Bien que absent de la liste originelle de 1855, Cantemerle y intègre la prestigieuse classification dès septembre de la même année, devenant ainsi le premier cru ajouté postérieurement à cette hiérarchie. Cette omission initiale s'explique par une commercialisation directe en Hollande, hors circuit des négociants bordelais qui établissaient ledit classement. La soumission d'un dossier détaillant l'historique des prix et l'adoption du canal traditionnel des courtiers de la Place permirent cette intégration historique. L'Exposition universelle de 1867 consacre cette excellence par l'attribution d'une médaille d'argent. La période 1879-1887 marque une épreuve terrible : le phylloxéra et le mildiou déciment le vignoble, réduisant de moitié le potentiel de production. En 1884, les ravages du mildiou chez les premiers crus provoquent un effondrement des cours, inversant paradoxalement les prix : le tonneau de Cantemerle dépasse alors celui de Lafite de 200 francs. En 1892, la famille Dubos succède aux héritiers de la Baronne d'Abbadie, mettant fin à plus de trois siècles de présence des Villeneuve. Théophile Dubos, également vice-président du Syndicat des crus classés du Médoc et négociant chez Dubos Frères, dirige alors le domaine. Les conflits mondiaux et la crise des années 1930-1940 entraînent l'arrachage massif des vignes. À la Libération, il ne subsiste que 25 hectares sur les 70 initiaux. En décembre 1980, le groupe SMABTP — premier assureur propriétaire d'un château bordelais — identifie le potentiel inexploité du domaine. Les années 1980 voient l'expansion progressive jusqu'à 60 hectares en 1987, la modernisation de la cuverie et le retour délibéré à la vinification en cuves bois. Les établissements Cordier assurent la gestion opérationnelle durant cette période de transition, avant que des investissements complémentaires ne permettent la rénovation finale du château pour développer l'activité de réception. Depuis 1991, Cantemerle a constitué sa propre équipe sous la direction de Philippe Dambrine, rompant avec les établissements Cordier. Les années 2000 témoignent d'une modernisation technologique poussée et d'une sélection drastique des parcelles. Le cabernet franc et le cabernet sauvignon gagnent en prédominance sur le merlot, les vendanges subissent un tri minutieux, et de nombreuses initiatives visent à exprimer pleinement le potentiel de ce remarquable terroir du Haut-Médoc. Ces perfectionnements successifs confèrent aujourd'hui aux vins du Château Cantemerle une définition toujours plus précise, inscrivant le domaine avec détermination dans la compétition qualité qui anime les Grands Crus Classés du Médoc.